OSEO est un Etablissement Public créé en 2005 dont la mission est d’aider les entreprises dans les moments risqués de leur évolution, au stade de la création, du développement, de l’innovation et de la transmission.
OSEO apporte son conseil et son expérience dans la conduite des projets, de leur faisabilité à la production. Il contribue ainsi au financement des projets sous forme de subvention, d’avance remboursable, de prêts à moyen ou long terme ou de garanties des dépenses de R&D engagées par l’entreprise pour son projet ou son industrialisation.
L’effort d’OSEO est conséquent en Poitou-Charentes. En effet 2,9 % des PME innovantes nationales soutenues en 2006 sont situées dans la région, soit plus que son poids économique (La valeur ajoutée de Poitou-Charentes représente 2,3 % de la valeur ajoutée métropolitaine).
En 2006, 614 investissements décidés par les entreprises du Poitou-Charentes, d’une dépense totale de 146 millions d’euros ont été aidés par OSEO à hauteur de 67 millions d’euros.
OSEO a aussi aidé cette même année 524 entreprises pour un montant de 2,6 millions d’euros grâce au Prêt à la création d’entreprises (PCE). Ces projets ont généré 11,4 millions d’euros d’investissement et 637 emplois.
| Montants engagés par les entreprises (en millions d'euros) | Montants accordés par OSEO (en millions d'euros) | Nombre de projets | |
|---|---|---|---|
| R&D | 20 | 8,1 | 188 |
| Investissements | 42 | 21,1 | 79 |
| Garantie | 84,4 | 38,1 | 347 |
| Financement du court terme | 39 | 39 | 130 |
| Prêt à la création d'entreprise | 11,4 | 2,6 | 524 |
les résultats nationaux de l’enquête communautaire sur l’innovation de 2005, portant sur un ensemble de PME dont les projets innovants ont été soutenus par OSEO. Il en ressort que dans l’industrie une petite entreprise sur deux a innové au moins une fois entre 2002 et 2004, ce taux est de 72 % pour les entreprises moyennes(1).
L’innovation est de nature diverse : introduction de nouveaux produits ou procédés, mise en oeuvre de nouveaux services ou de nouvelles méthodes d’organisation ou de marketing. Pour les petites entreprises, élaborer un nouveau produit ou procédé ou opérer un changement d’organisation est aussi fréquent, respectivement 31 % et 32 % des petites entreprises, le marketing en concerne 13 %. Pour les entreprises moyennes, élaborer un nouveau produit ou procédé concerne 58 % des entreprises, mettre en oeuvre une nouvelle méthode d’organisation, 44 % et le marketing 22 %.
Les petites et moyennes entreprises innovantes sont plus ouvertes sur l’international que la moyenne des PME françaises. Les PME innovantes les plus internationalisées sont celles de l’industrie : 60 % des petites entreprises industrielles et 80 % des entreprises moyennes industrielles. Sur l'ensemble des PME, tout secteur confondu, ces taux d’ouverture à l’international sont de 20 % pour les petites entreprises et de 40 % pour les entreprises moyennes.
Mais ces comportements sont fragiles. L’innovation est le premier poste de dépense sacrifié par les PME en cas de ralentissement conjoncturel. Les projets d’innovation restent encore souvent ponctuels : 5 % seulement des PME de 50 personnes ayant innové entre 2002 et 2004 ont mis en place une activité continue de R&D. Ce chiffre atteint 16 % pour les PME dont l’effectif est compris entre 50 et 250 personnes.
| Type d’entreprise | Nouveau produit ou procédé | Nouvelle méthode d’organisation | Nouvelle méthode de marketing | |
|---|---|---|---|---|
| IAA | Petite | 33 | 33 | 31 |
| Moyenne | 52 | 39 | 35 | |
| Biens de consommation | Petite | 32 | 27 | 18 |
| Moyenne | 52 | 41 | 30 | |
| Automobile | Petite | 42 | 40 | 20 |
| Moyenne | 62 | 42 | 19 | |
| Biens d'équipement | Petite | 34 | 39 | 11 |
| Moyenne | 65 | 53 | 21 | |
| Biens intermédiaires | Petite | 28 | 29 | 8 |
| Moyenne | 59 | 44 | 16 | |
| Energie | Petite | 20 | 48 | 12 |
| Moyenne | 49 | 51 | 25 | |
| Industrie | Petite | 31 | 32 | 13 |
| Moyenne | 58 | 44 | 22 | |
| Total | Petite | 21 | 32 | 16 |
| Moyenne | 42 | 41 | 23 |
L’enquête communautaire sur l’innovation, CIS («Community Innovation Survey»), vise à fournir des informations quantitatives sur la fréquence de l’innovation dans les entreprises et sur des aspects particuliers du processus d’innovation (part des dépenses d’innovation, sources d’information et formes de collaboration, facteurs freinant l’innovation, degré de réalisation des objectifs liés à l’innovation).
CIS4 est la quatrième enquête conduite de façon harmonisée au niveau européen (enquêtes précédentes en 1993, 1997 et 2001).
Elle porte sur la période 2002-2004 et couvre les entreprises de plus de dix salariés du secteur marchand, à savoir de l’industrie, des IAA, des transports, de la construction, du commerce, des services ainsi que des banques et des assurances.
Le concept d’innovation retenu pour CIS4 est défini dans le Manuel d’Oslo, nouvelle version (OCDE, 3e éd., 2005).
L’innovation correspond à «la mise en oeuvre d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré [pour la firme], d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures».
Il existe quatre catégories d’innovation :
Par conséquent, une entreprise est innovante si elle a innové en produit ou procédé ou si elle avait, sur la période considérée, une activité d’innovation en cours ou abandonnée.
Dans une acception plus large, l’entreprise est également considérée comme innovante si elle a innové en matière d’organisation ou de marketing.
Taux de retour : 86 % des quelque 25 000 entreprises sélectionnées ont répondu à cette enquête statistique publique.
Enjeu de la politique européenne 2007-2013 et par conséquent des politiques nationales, l’innovation est plus que jamais au coeur des problématiques de développement économique. L’innovation technologique, qui fait appel très souvent à de travaux de R&D, est particulièrement un moteur de croissance, dans les pays comme la France, pour atteindre les objectifs fixés en mars 2000 à Lisbonne en matière de R&D :
L’innovation, longtemps restreinte à son aspect technique en lien avec la R&D, mérite une approche globale (innovation technologique, innovation organisationnelle), en particulier si on veut tenir compte de toutes les évolutions récentes qui ont marqué les entreprises, spécialement la forte croissance des activités de services et la concurrence qui règne dans certains des secteurs afférents.
Ainsi, même si la recherche est une source essentielle de connaissances pour les innovations de procédés et de produits, l’innovation au sein d’une entreprise peut également concerner un changement de nature «non technologique».
L’innovation peut porter sur tout ou partie des éléments constitutifs de l’entreprise et de son environnement :
Quelle que soit sa nature, l’innovation est toujours suscitée par la demande et le besoin des clients, et il n’y a pas d’innovation réussie sans besoin.
L’entreprise innove donc pour mieux répondre aux besoins de ses clients, et reste ainsi concurrentielle.
Deux observations bien connues montrent que «la propension à innover croît avec la taille de l’entreprise, mais aussi avec la taille du marché».
La taille des grandes entreprises n’est donc qu’un frein modéré à l’innovation, et pour réussir, les petites entreprises doivent s’associer et travailler en partenariat. Ces dernières doivent faire face, comme les grandes firmes d’ailleurs, à un environnement fortement concurrentiel hautement dominé par les compétences technologiques. Cette concurrence exige des PME qu’elles maintiennent un important niveau d’efforts d’innovation afin de pouvoir assurer leur croissance.
Ainsi, les entreprises qui veulent développer leur croissance et innover plus vite que leurs concurrents doivent créer des réseaux de savoir ou d’échanges d’expériences proches ou lointains (clubs de dirigeants, réseaux universitaires et institutionnels, associations,...) et se positionner sur un marché de taille suffisante pour «subir» le plus grand nombre d’interactions entre concurrents, fournisseurs, clients...
Les PME innovantes sont en moyenne plus compétitives et cela est confirmé dans le domaine de l’exportation. Une étude réalisée par OSEO montre en effet que plus de la moitié (60 %) des PME soutenues en 2005 par OSEO innovation sont exportatrices, alors que seulement 4 % de la population globale des entreprises françaises a une activité à l’export.
Ce dynamisme des PME innovantes est particulièrement confirmé pour les très petites entreprises (moins de 10 personnes) où une entreprise sur deux aidées en 2005 par OSEO innovation déclare un CAHT à l’exportation.
L’innovation est donc un cercle vertueux. Elle permet aux PME d’être concurrentielles, et en retour la confrontation à la concurrence oblige la mise en oeuvre de l’innovation.