Synthèse des territoires
Des zones d'emploi
aux profils variés, où l'industrie occupe souvent une place importante
Le Poitou-Charentes, dont la densité de population était de 64 hab./km2 en 1999, est composé de treize zones d’emploi. Ces
zones ont une densité de population qui s’échelonne de 24 hab./km2 (zone de Montmorillon) à 170 hab./km2 pour la zone de
La Rochelle qui est la seule à dépasser la moyenne nationale de 108 hab./km2 (recensement de 1999). Début 2005, la densité en
moyenne nationale était de 112 hab./km2 pour la région.
Au niveau des zones d’emploi la proportion de salariés travaillant dans l’industrie varie de 34 % (Châtellerault) à 9 %
(Saintonge Maritime). Une activité industrielle notable peut exister dans des zones ne comportant pas de grande agglomération,
voire même dans des zones faiblement peuplées (Montmorillon ou Haute-Charente).
La dépendance vis à vis de l’extérieur est variable selon les zones. Au niveau de la région, en 2005, 41 % des salariés de
l’industrie dépendent d’un centre de décision localisé dans la région (ils étaient 47 % en 2001). En 2005, dans la zone
d’emploi du Nord Poitou, ce taux est de 72 %, (il était à 79 % en 2001), dans la zone de Châtellerault, il est de
20 % (22 % en 2001). Comme le suggèrent ces exemples, la comparaison des chiffres 2001 et 2005 montre une tendance de fond
à l’augmentation de la dépendance vis à vis de centres de décision extérieurs à la région.
Concernant la diversification des activités, les zones d’emploi peuvent être classées selon deux profils : un profil
«industriel» au sens où la part de l’emploi industriel est supérieure à la moyenne régionale, un profil «tertiaire» au sens où la
part du tertiaire dans ces zones est supérieure à la moyenne régionale. Au sein de chacun de ces deux groupes les activités
industrielles sont plus ou moins diversifiées pour chacune des zones d’emploi. Or une forte concentration, c’est à dire une forte
proportion de salariés dans un nombre restreint de secteurs, peut fragiliser un territoire si un choc important intervient dans
l’un ou plusieurs de ces secteurs.
La part de l’emploi des cinq premiers secteurs dans l’emploi salarié industriel de la zone a été retenue comme indicateur de cette
concentration. Plus cet indicateur est proche de 100 % et plus l’emploi industriel du territoire concerné est concentré. Au
niveau régional cet indicateur atteint 52 %.
Les zones d’emploi à profil «Industriel» (part de l’emploi salarié industriel supérieure à la moyenne régionale) :
- Châtellerault : c’est la zone d’emploi la plus industrielle avec 34 % des salariés dans l’industrie, soit plus de
10 000 salariés (fin 2005) travaillant dans des secteurs variés. Les 5 premiers secteurs emploient seulement 59,2 %
des salariés de l’industrie, signe de diversification. Les trois secteurs les plus importants sont la métallurgie et
transformation des métaux (18,7 % ), l’industrie des équipements mécaniques (12,3 %) et l’industrie automobile
(11,8 %).
- Nord Deux-Sèvres : dans cette zone sans grande ville, 32 % des salariés travaillent dans l’industrie à fin 2005, soit
13 300 salariés. Les 5 premiers secteurs industriels emploient 72,2 % des salariés de l’industrie, signe d’une
concentration assez importante. Après les IAA (22,9 %), surtout représentées par l’industrie des viandes, le deuxième
secteur est l’industrie automobile (21,9 %).
- Cognac : 28 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit 8 100 salariés dans l’industrie. Les 5 premiers
secteurs emploient 83,2 % des salariés de l’industrie, signe d’une forte concentration. En tête et de loin, les IAA
(32,3 %), comprenant avant tout le cognac, suivies du secteur des industries du bois et du papier (18,9 %).
- Montmorillon : à fin 2005, 28 % des salariés dans l’industrie, soit plus de 3 000 personnes. Les 5 premiers
secteurs emploient 75,5 % des salariés de l’industrie, signe d’une assez forte concentration. En tête et de loin le
secteur de l’énergie (24,8 % des salariés de la zone), du fait de la centrale nucléaire de Civaux, suivi par les industries
de l’équipement du foyer (15 %), essentiellement la fabrication de meubles, fragile face à la concurrence étrangère.
- Haute Charente : 25 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit près de 4 500 personnes. Les 5 premiers
secteurs emploient 81,3 % des salariés de l’industrie, signe d’une forte concentration. Deux secteurs se détachent,
l’industrie des produits minéraux (23,2 % ) et les industries du bois et du papier (22,3 %).
- Angoulême : dans cette zone d’emploi, 21 % des salariés travaillent dans l’industrie à fin 2005, soit près de
15 800 salariés. Les 5 premiers secteurs emploient 55,2 % des salariés de l’industrie, signe d’une large
diversification. Les trois premiers secteurs sont les industries des équipements électriques et électroniques (15,2 %),
celles du bois et du papier (11,9 %) et celles des composants électriques et électroniques (11,1 %).
- Nord Poitou : l’industrie emploie 21 % des salariés, soit 3 600 personnes. Les 5 premiers secteurs emploient
80,9 % des salariés de l’industrie, signe d’une forte concentration. Les IAA en occupent à elles seules 35,2 %,
suivies par les industries du bois et du papier (14,3 %).
- Sud Charentes : 19 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit plus de 3 800 personnes. Les 5 premiers
secteurs emploient 83,9 % des salariés de l’industrie, la plus forte concentration des zones de la région. Le secteur
industriel dominant est celui des industries du bois et du papier (29,5 %), suivi par les IAA (22 %).
Les zones d’emploi à profil «tertiaire» (part de l’emploi salarié tertiaire supérieure à la moyenne régionale).
Le tertiaire regroupe le commerce (gros et détail) et les services (marchands et non marchands, parmi lesquels la santé,
l’éducation, l’aide aux personnes âgées).
- La Rochelle : 14 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit près de 11 500 personnes. Les 5 premiers
secteurs emploient 73 % des salariés de l’industrie, montrant une assez forte concentration. La construction navale et
ferroviaire vient largement en tête (25,8 %), puis les industries agricoles et alimentaires (17,4 %), suivie par le
secteur chimie, caoutchouc, plastiques (11,2 %).
- Sud Deux-Sèvres : 14 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit 9 500 personnes. Les 5 premiers secteurs
emploient 66,1 % des salariés de l’industrie, signe d’une diversification relativement large. En tête le secteur des IAA
(23,2 %), puis les industries des équipements mécaniques (13,6 %) et les métallurgie et transformation des métaux
(11,2 %).
- Poitiers : 11 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit 10 300 personnes. Les 5 premiers secteurs
emploient 58,6 % des salariés de l’industrie, signe d’une large diversification. En tête les IAA (15,9 %), puis
l’industrie automobile (12,3 %), suivies des industries des composants et des équipements électriques et électroniques
(11,2 %).
- Saintonge Intérieure : près de 11 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit 3 700 personnes. Les 5
premiers secteurs emploient 69,6 % des salariés de l’industrie, signe d’une concentration relativement forte. En tête les
IAA (19,1 %) puis les industries du bois et du papier (16,4 %).
- Saintonge Maritime : 9 % des salariés travaillent dans l’industrie, soit 4 600 personnes. Les 5 premiers
secteurs emploient 72,8 % des salariés de l’industrie, signe d’une concentration assez forte. Nettement en tête, le secteur
de la construction navale et aéronautique (31 %), suivi par les IAA (14,8 %).